Le doux son du vent s'était éteint en une nuée de flocons.
La feuille s'écroula.
La vie continuait son inlassable tournée, telle une infinie mélodie.
La mélodie des souffrances humaines.
Une mélodie soufflée sur la mer.
Portée par le vent, les vagues,
et les larmes des enfants.
Le Bonheur est si précieux.
Et si difficile à atteindre.
Caché derrière un mince filet de béton noué de sentiments,
épousseté d'épreuves,
de nuages,
d'éclairs de vie.
C'est ainsi.
Je serai vieille. Seule. Vivrai de musique et de tasses de café.
Je n'aurai plus de souvenirs. Plus de Passé ni de Futur.
Et mourrai au clair de la lune en silence, la tête en arrière, les yeux clos.
Comme une luciole qui s'éteint.
Et si ?
Mais je n'aime pas l'égoïsme, la guerre, l'injustice.
Je vivrai alors dans ma modeste maison avec mes triplés, mon homme et ma cafetière.
Je leur dirai que je les aime.
Mangerai des caramels régulièrement. Avec plaisir, bien sûr.
Je verrai son visage à l'ombre des feuilles de poirier.
Souviens-toi mon Amour,
des mots.
Adieu souvenirs.
J'ai tourné la page, mais le vent d'hiver m'a faite revenir des mois en arrière.
La recette du Bonheur est inconnue à la face du monde.
Mais un jour le petit elfe aveugle m'a chuchoté ces mots.
La vie commence.